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1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 18:41
W.Creff.JPG
En sept 2009, l'amicale du CEG Pasteur avait organisé une visite du Chateau...Les amateurs furent si nombreux que nous avons été obligés d'en faire plusieurs.
Voici le récit que William CREFF (59-63), totalement séduit, comme nous tous, a écrit dès le lendemain:

La visite du Château de Montargis a été riche d’enseignements car M. BILLARD est un passionné d’histoire de France.
Sa mémoire est phénoménale.
Il se souvient des dates de naissance et de mort de nombreux personnages illustres et connaît dans le moindre détail des moments précis de leurs vies.
On pourrait l’écouter des heures entières sans se lasser.
Il est également un passionné de philatélie.
  
Notre visite du château s’est déroulée en six étapes et a duré trois heures.
- La tour carrée dite « poterne » édifiée par Philippe AUGUSTE.
- Vestiges de l’église romane Sainte Marie du XII siècle.
- Crypte de l’église Sainte Marie et église souterraine.
- Les caves du jardin royal du XIII siècle.
- La  nouvelle chapelle.
- Les remparts face à la ville en cours de restauration.
  
 
La tour carrée dite « poterne ».
Après avoir fait l’historique du château de Montargis qui remonterait à Clovis par la présence d’une simple tour, M. BILLARD nous montra les emplacements de la herse et de l’assommoir qui étaient là pour dissuader ou repousser d’éventuels envahisseurs.
Il n’y avait plus de trace de l’ancien pont-levis, mais notre guide nous le localisa grâce à d’anciennes archives.
 
Vestiges de l’église romane Sainte Marie du 12ème siècle.
Seules les bases de quelques colonnes et murs sont encore visibles sur le sol.
Pierre II de Courtenay la fit construire en 1180.
Elle fut l’église paroissiale du 12ème au 15ème siècle.
Délaissée, le roi Louis XIV, saisie d’une crise de sarkozisme aigue, la fit démolir en 1697, sous prétexte qu’elle lui cachait la vue de la forêt de Montargis.
 
Crypte de l’église Sainte Marie et Chapelle souterraine.
Un escalier pentu et glissant, recouvert d’un épais tapis de feuilles mortes, donne accès à la crypte et à la chapelle souterraine.
Dans la crypte étaient entreposées des reliques de saints dont on ne trouve plus de traces aujourd’hui.
En ces temps reculés, les Grands de ce monde aimaient posséder des reliques de saints.
Elles étaient à leurs yeux un véritable trésor et il n’était pas rare qu’un seigneur offre à un autre seigneur une partie de relique, un index ou un pouce, en gage d’amitié ou de fraternité. Les reliques de Saints étaient ainsi éparpillées un peu partout et au final, chacun revendiquait sa propre relique de tel ou tel saint. Ce qui faisait qu’un même saint pouvait se retrouver avec cinq fémurs, quatre tibias et trois crânes.....
Un peu monstrueux, non ?
Pour les villageois et les paysans, l’approche des reliques était toute différente.
Par le puits d’aération de la crypte et de la chapelle, ils déroulaient de longues bandelettes de tissu qu’ils venaient poser sur la relique quinze mètres plus bas. Ils les remontaient ensuite religieusement pensant qu’elles s’étaient chargées de toutes les vertus du saint et que par là, elles les protégeraient du mal et pourraient éventuellement les guérir de leurs maux.
M. BILLARD nous donna la méthode utilisée par les compagnons de l’époque pour creuser un puits d’aération débouchant pile poil dans l’axe de la crypte et cela sans niveau à bulle sophistiqué et sans appareil de visée comme aujourd’hui.
Ils travaillaient en utilisant des jalons qu’ils alignaient en partant de l’axe central de la crypte jusqu’à sa sortie extérieure. Ils alignaient ensuite d’autres jalons en sens contraire à la surface du sol et dans le même alignement de ceux de la crypte. Ils mesuraient très précisément les longueurs horizontales entre les jalons du bas et les additionnaient. Cette mesure horizontale était reportée sur l’alignement des jalons du haut, ce qui déterminait un premier point situé pratiquement à la verticale de l’axe de la crypte. Ils recommençaient trois fois l’opération pour obtenir trois points très peu éloignés les uns des autres. Ils déterminaient ensuite le point moyen de ces trois points pour définir le point idéal situé à la verticale du centre de la crypte. Le sol était bien souvent constitué de roche très dure et ils n’avaient pas le droit à l’erreur, d’où cette triple détermination.
Munis de pioches et de pelles ils creusaient à la verticale un puits parfaitement circulaire qui avait pour centre le point idéal et qui aboutissait quinze mètres plus bas à l’endroit choisi.
Toutes les voûtes croisées de la crypte étaient identiques. La raison en était simple. Le gabarit en bois qui les soutenaient durant leur construction servait à toutes. Une voûte croisée finie, le gabarit était utilisé pour une autre et ainsi de suite.
La pierre la plus haute de la voûte, en forme de croix, appelée clé de voûte était en pierre très dure car c’est elle qui recevait le maximum d’effort à l’écrasement.
Les autres pierres de la voûte étaient taillées dans de la pierre de Souppes.
Elles étaient acheminées par voie navigable sur la rivière du Loing.
Toutes les autres pierres de l’édifice étaient constituées de pierres gélives des champs.
Dans la chapelle souterraine, la voûte arrondie au dessus du chœur représente le ciel et par là DIEU.
Tout ce qui est carré ou rectangulaire représente la vie terrestre et les hommes.
Trois petites niches taillées dans la pierre symbolisent la trinité.
Le chiffre trois est partout présent dans les édifices religieux.
J’ai fait rire mes camarades lorsque j’ai posé à M. BILLARD la question suivante :
« Est-ce un hasard si nous sommes 30 personnes en ce saint lieu ?
Le nombre 30 est un multiple de 3 et peut-être l’avez-vous choisi par respect de la Sainte Trinité, comme les bâtisseurs d’autrefois? »
M. BILLARD a pris beaucoup de plaisir à nous démontrer que l’architecture de cet édifice était parfaite et que rien n’était le fruit du hasard mais qu’au contraire tout était pensé et réfléchi.
 
Les caves du jardin royal du 13ème siècle.
Un long escalier pentu et étroit donnait accès à des caves conçues de la même manière que la crypte. Il fallait parfois baisser la tête pour ne pas se la cogner sur un bandeau de pierre. Si nos têtes étaient solides, le bandeau l’était davantage !
La cave était constituée d’un long tunnel qui desservait des impasses perpendiculaires d’une dizaine de mètres de profondeur. Les gens de l’époque y entreposaient du vin ou diverses racines qu’ils conservaient durant les longs hivers.
La pomme de terre était alors inconnue. Il n’empêche que certains murs s’effritent et que d’autres ont été démolis par des pillards en quête de trésors.
Ils ont laissé les pierres sur place, ce qui rendra plus aisé le travail de restauration. Il suffira de remettre ces mêmes pierres à leur emplacement d’origine.
Il y a peu de temps encore ces caves étaient utilisées pour la culture de l’endive car toutes les conditions de température et d’hygrométrie y étaient réunies.
Des habitants inattendus vivent dans ces caves.
De charmantes chauves souris hibernent suspendues la tête en bas, accrochées au plafond. Il en existe une dizaine d’espèces.
A notre grand regret le comte DRACULA était absent.
Les fêtes d’halloween venaient de se terminer et il n’avait pas eu le temps de réintégrer son logis......
D’après M. BILLARD ces caves seraient antérieures au 13ème siècle car un ami à lui, connaisseur en pierres, a remarqué dans la voûte, la présence d’un matériau spécifique à la réalisation des tuiles des maisons gallo-romaines.
Une analyse au carbone 14 permettrait de dater très précisément le creusement de ces caves car des traces de carbone apparaissent dans certaines pierres.
Nous avons encore beaucoup de choses à découvrir et à apprendre dans ces caves et dans les vestiges du château, nous a confirmé M. BILLARD.
Il ne voulait pas entendre parler de souterrains car d’après ses recherches, ils n’ont jamais existé, sinon que dans l’imaginaire des gens. Le sous-sol de Montargis est un maillage de rivières souterraines qui rend impossible ce genre de construction. Tout trou ou tunnel se verrait inondé dans le quart d’heure qui suivrait sa réalisation.
M. BILLARD fait actuellement réaliser par un cabinet de géomètres un levé précis du château.
Ce document sera précieux, car superposé à des plans plus anciens, il permettra de mieux localiser certains sites et de faire de nouvelles fouilles. Les précédentes se faisaient un peu au hasard et selon les intuitions des « chercheurs » ou des « violeurs » de sépultures.
 
La nouvelle chapelle.
Sa construction est beaucoup plus récente et elle s’appuie sur la partie inclinée du mur d’enceinte du château.
Elle possède un chœur et une nef comme toutes les chapelles, mais sa singularité réside dans ses neuf vitraux. Ils ont été réalisés par quatre maîtres verriers différents, ce qui est unique en France. On y retrouve les signatures des quatre plus grands faiseurs de vitraux.
Leur réalisation remonte environ à un siècle et demi et ils ont gardé toute leur splendeur. Seuls les assemblages de plomb qui les maintiennent mériteraient d’être refaits car dépassé 150 ans le plomb s’affaiblit et devient cassant.
M. BILLARD recueille actuellement des fonds pour les faire rénover.
Mais cela coûte très cher et rares sont les mécènes qui aujourd’hui donnent de l’argent.
Les visites et les bouquins vendus sur l’histoire du château contribuent en partie à constituer ces fonds.
La chapelle possède neuf vitraux et un dixième plus petit situé au dessus d’une porte.
Ce dernier a été découvert par M. BILLARD, d’après les dires d’un ancien qui en avait un vague souvenir.
Il était caché derrière un faux mur et s’était écroulé sur lui-même. Par chance aucun morceau de verre n’a été cassé et il a pu être restauré dans son intégralité à 99/100.
Aujourd’hui il est comme neuf.
Chaque vitrail représente un Saint et M. BILLARD nous a raconté la vie de chacun d’eux avec une précision étonnante car il possède une très grande érudition. Chacun de nous était émerveillé par son savoir. Rien ne lui échappait. Ni les dates, ni les noms, ni les épisodes croustillants de leur vie.
Neuf vitraux, neuf personnages.
Au centre du chœur, Jésus Christ, à gauche la Vierge Marie et à droite, lui faisant face, Joseph.
Dans la nef, on pouvait voir Sainte Eléonore, Saint Louis, Le frère de Saint Louis Robert de France comte d’Artois dit le vaillant, Jeanne d’Arc et deux autres saints dont j’ai oublié les noms.
La visite se termina par la vente de bouquins et par un don de 50 Euros fait par l’Amicale des anciens du CEG Pasteur à l’Amicale pour la sauvegarde des remparts du château de Montargis.
Ce don aurait pu être plus généreux si une partie n’avait été investie malhonnêtement dans une soirée copieusement arrosée au restaurant Courte-Paille, rue du port.
Il faut être cochon pour dilapider ainsi l’argent des autres ou s’appeler CHIRAC ou PASQUA, nos grands maîtres à tous.
 
La visite des remparts.
A la sortie de la chapelle, il pleuvait si fort que la visite des remparts s’est limitée à une course folle entre ce lieu de recueillement et nos voitures, laissant loin derrière nous, les remparts, la batterie du château et de violents tourbillons dans lesquels feuilles mortes et tuniques vaporeuses de fantômes tournoyaient.
 
Historique de la restauration de la glacière.
Il y a trois ou quatre ans, M. BILLARD a fait appel à mes services pour localiser une ancienne glacière qui se trouvait aux abords des remparts du château.
Il avait besoin pour cela des plans napoléoniens sur lesquels figuraient d’anciennes maisons aujourd’hui détruites. Sous l’une de ces maisons une glacière avait été construite pour permettre au montargois d’avoir de la glace en toute saison et notamment l’été.
Ces plans n’existaient plus au service du cadastre mais seules demeuraient des micros fiches sur lesquelles apparaissaient les remparts du château et les maisons avoisinantes.
Ces documents étaient réservés exclusivement à l’usage du personnel du cadastre.
Etant bien introduit dans ce service, du fait que j’y allais quotidiennement pour consulter des plans et instruire les dossiers de mes patrons géomètres, j’ai demandé à un employé s’il pouvait me faire une copie à titre personnel et exceptionnel de la microfiche intéressant le secteur.
Il me fit cette copie gracieusement et je l’ai ramenée à une échelle correspondant à celle du plan cadastral actuel sur lequel ne figurait aucune maison.
En superposant à la perfection ces deux plans M. BILLARD put resituer l’emplacement exact de la maison sous laquelle était la glacière. Il mesura sur le plan les cotes entre l’axe de la maison et plusieurs parties saillantes des remparts et détermina ainsi le centre de la glacière.
Sur le terrain, muni d’une chaîne d’arpenteur, il appliqua ces mêmes cotes et matérialisa par un piquet son emplacement.
Une équipe d’ouvriers munie de pelles et de pioches ont creusé à l’endroit présumé, et après avoir fouillé et déblayé les gravats des anciennes maisons ayant servi de remblai pour boucher les caves, ils retrouvèrent le grand puits circulaire qui servait à stocker la glace.
Aujourd’hui cette glacière est restaurée et fleurie. Elle est à ciel ouvert et chacun peut la voir en montant le chemin qui longe la nouvelle chapelle et qui conduit aux « cités ». Elle est à une cinquantaine de mètres de l’entrée du château où se situe l’actuelle « poterne ».
 
William CREFF

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