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Anne-Marie GANNAT avait une passion, la danse, qu'elle pratiquait avec son excellente prof. Mlle. Mado CHERRY. Elle était une très bonne élève, douée pour la gymnastique.

De toutes les filles de la classe, Anne-Marie était sans contexte, la camarade la plus éclairée et la plus "nature". 

Vous souvenez-vous de l'étude du texte qui avait pour titre " Au gui l'an neuf " et de ce passage bien mystérieux " chaque arbre enfanta un druide " ? Mlle LACOUME demande : " Qui peut me dire ce que signifie le verbe enfanter "? Les élèves restent muets. Seul un doigt se lève. Anne-Marie prend la parole. " Donner naissance à un enfant " dit-elle, d'une voix naturelle. " C'est bien " ajoute Mlle LACOUME d'un ton appuyé et qui s'étonne de voir si peu d'élèves répondre à une telle question. Nous étions bien petits et innocents. L'éducation sexuelle n'avait pas fait son entrée dans les cours de Sciences Naturelles et Pierre PERRET, illustre inconnu à l'époque, n'avait pas encore jeté sur le papier les paroles de son fameux ZIZI. Les roses et les choux avaient encore de belles heures à vivre. Quant aux cigognes, il faudra attendre quelques petites années, avant qu'elles ne se prennent du plomb dans les ailes.

Anne-Marie était la seule fille du petit groupe d'élèves qui rentrait le soir, ensemble, après les cours. Ce serait mentir que de dire qu'elle ne tenait pas sa place parmi nous. Elle n'était pas la dernière pour raconter des bêtises et ce n'était pas Claude BEZILLE qui l'aurait freinée. Bien au contraire, il en rajoutait tout son saoul et le pauvre Christian COURSIER n'en pouvait plus de se tordre de rire, scotché à son sac planté sur le trottoir. Anne-Marie se régalait lorsque je lui dessinais des personnages de Walt DYSNEY. Elle en redemandait toujours. Sa préférence allait à TOUFOU. Mais s'en souvient-elle, aujourd'hui?

Chère Anne-Marie, permets moi de te faire un dernier compliment. Tu étais de toutes les filles de la classe, la plus naturelle, la plus épanouie et la plus sensuelle. Tu étais toujours gaie et pleine d'entrain. Ta jolie frimousse, tes lèvres pulpeuses et ton gentil regard ont séduit plus d'un garçon.  Je terminerai ton portrait souvenir par les paroles du poète chanteur disparu Serge GAINSBOURG. Sous ta légère blouse bleue de nylon " Tes petits seins de bakélite qui s'agitent " t'apportaient un charme fou. 

 

Joël LAURY, était un garçon turbulent au demeurant fort sympathique. Il aimait la rigolade et son visage, caché derrière des lunettes de correction puissante, n'engendrait pas la mélancolie.  

Signes particuliers : Se bouchonnait le pavillon de l'oreille et l'entrait dans l'orifice auriculaire. Se mordillait le pli supérieur de son majeur. Attendait l'heure de la récré avec impatience pour taper dans le ballon.

Un matin de Printemps, Joël trouve un oisillon sur le bord du canal. Prévenant, il le prend et le dépose délicatement dans son sac d'écolier. Vilain matou attendra...

Pendant le cours de mathématiques, le CUI-CUI perturbateur et insistant de l'importun duveteux ne fut pas du goût de M. BOURGON qui le fit transporter sur l’heure, hors de la classe.

Ce jour là, le QI nécessaire à la pratique des mathématiques ne se conjugua pas avec le timide CUI-CUI écolo émanant des profondeurs d'un sac d'écolier. Le petit oiseau fut dans l’obligation de s’écarter. Il ne trouvera sa revanche que beaucoup plus tard. Un bon demi siècle sera en effet nécessaire pour voir le tracé d’une autoroute contourner l’espace de vie d’une espèce en voie de disparition (oiseau, fleur ou insecte).

"Et si tout le monde en faisait autant? La classe serait une volière..."

M. BOURGON réserva sa fameuse citation pour une autre occasion.

 Hasard ou vision prémonitoire ?

Joël était la «bête noire» de Mlle LACOUME. Il était effronté et parfois lui répondait.

Un jour, alors que Joël se tenait mal à sa table et qu’il mâchouillait un chewing-gum, elle lui demande de corriger son attitude et de cesser son ruminement. Elle ajoute : «Ce n’est pas beau de voir un élève avachi, ruminer devant soi». 

Joël ne se démonte pas et dit dans sa barbe :  «J’suis pas fait pour te plaire». 
«Quoi ?» dit-elle, en dévalant quatre à quatre l’unique marche de l’estrade et enfilant comme l’éclair l’allée qui menait à moi. Elle saisit brutalement mon poignet et me lance : 
 « Dis moi, William, ce que ton petit camarade, Joël, vient de te dire et attention à ta réponse, j’ai entendu quelque peu ses propos !» 
Peu fier, je lui réponds : «J’suis pas fait pour te plaire».   
«C’est bien ce que j’avais cru entendre !».  
De colère, elle passe derrière moi, bouscule ma chaise et arrive droit devant Joël. 
Ce dernier, en bon gaulois, n’avait qu’une seule peur, c’est que le ciel lui tombe sur la tête. Cette crainte étant plus qu’imminente et n’ayant pas de bouclier pour se protéger, c’est avec le seul usage de ses bras et de ses mains qu’il se préserva le crâne du cataclysme.

Mais Mlle LACOUME n’en était pas à son premier coup d’essai et elle maîtrisait très bien son sujet.  Elle avait  « LA TECHNIQUE », et j’ajouterais « QUELLE TECHNIQUE !!! »

En grande professionnelle et avec un calme olympien, elle défaisait le nœud formé par les membres du  malheureux supplicié. Sitôt fait, ou plutôt sitôt défait, c’était la claque. Et quelle claque ! Bonjour les décibels... Et que dire des mains de Mlle LACOUME ? Qu’elle en possédait désormais trois. Une gravée au fer rouge sur la joue de Joël et deux autres qu’elle conservait précieusement pour un usage ultérieur, car il faut dire qu’elle jouait aussi bien de la droite, que de la gauche… 

Si d’aventure la première technique échouait, elle en possédait une autre, tout aussi efficace, calquée sur celle rodée il y a deux milles ans. J’appellerais cette seconde technique  le « Lève toi et marche ! » rebaptisée pour la circonstance, le « Baisse les bras, que je te claque le beignet ! »  
Cette technique n’avait d’effets réels que si le praticien possédait une grande maîtrise du verbe conjuguée à une puissante force de dissuasion.

Mlle LACOUME cumulait ces deux atouts et les paroles dites une seule fois, suffisaient à faire baisser les bras des plus récalcitrants. Et, Ô miracle ! Combien de bras se sont baissés, suivis de claps percutants, qui ne marquaient pas le départ d’une séquence de film, mais la reprise normale d’un cours.

Moi William, je me suis pris également des claques et une fois seulement, j’ai eu le sentiment d’injustice ou plutôt d’incompréhension. Alors que je mâchouillais un chewing-gum, mon seul et unique de l’année, Mlle LACOUME me dit : «Tu t’achètes des chewing-gum, maintenant ?»  
Et je lui réponds innocemment :  «Ce sont les Américains qui me l’ont jeté de leur camion, Mademoiselle».  

Mais qu’avais-je dit là ? La voilà qui dévale quatre à quatre l’unique marche de son estrade et vous connaissez la suite... Affranchi de son sceau, elle me lance d’un ton outré :  «tu fais la mendicité aux Américains, tu n’as pas honte ! Tu te comportes comme le singe à qui on jette des cacahuètes ! Et que vont penser ces militaires en voyant ces petits français si peu dignes ! ?... ».  
A cette époque, j’étais bien petit pour comprendre ces choses là. Ce n’est que quelques années plus tard que j’ai réellement pris conscience de tous ces problèmes. 

Malgré tout, je tiens à vous dire aujourd’hui, que l’on vous regrette et que nous souhaitons tous, que nos petits enfants aient des maîtres et maîtresses comme vous.  

CD:
 N'oubliez pas que ce sont "les" souvenirs de William. Nous étions pendant 4 ans, dans la même classe...mais ma mémoire est sans doute sélective car
- je n'ai AUCUN souvenir de claques données par Mle LACOUME, devenue plus tard Mme VASSORT,
- elle savait, au contraire, s'adresser à nous en fonction de chaque personnalité. 
 

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