Nos "grands baraqués": Michel BARAGLIA et Jacques MARTIN

Michel BARAGLIA, également appelé Michel BARAILLA par l’expert en linguistique M. MARCANTONI, était le colosse de la classe. Ce garçon, au caractère très doux, posait parfois son bras sur l’épaule d’un camarade, comme une maman poule protégeant ses poussins sous son aile.
Les mots lui sortaient de la bouche en rafales et les syllabes se bousculaient au portillon.
Michel était nul en gymnastique. Il battait cependant MARTIN à la course. 
Un jour il resta paralysé de vertige sur l’échelle horizontale de la salle de gym. Le prof, M. ROTH,  eut toutes les peines du monde à le faire descendre. Ah ! si Danièle MENARD ou Brigitte LECLERC avaient eu le vertige à sa place, la tâche aurait été moins rude !
Au grimper de corde, il n’a jamais réussi à s’élever plus haut que sa propre hauteur. Il décollait les pieds du sol et gesticulait les jambes en pouffant et suant à grosses gouttes. Les bras tendus au dessus de la tête, il tentait, par des coups de reins maladroits, de gagner quelques centimètres sur l’insurmontable verticalité. Cet exercice périlleux lui échauffait les oreilles, autant à lui d’ailleurs qu’à M. ROTH, qui commençait à s’impatienter sérieusement devant les élucubrations laborieuses de cet élève qui s’agitait comme un ver coupé à hauteur de ses yeux. Après quelques vaines tentatives et tournoiements dans le vide, il posait les pieds à terre dans un état de totale décomposition.
Sa technique avait cependant du bon, car d’année en année, il améliorait de quelques centimètres ses propres performances. Regain de force dans les bras ? Non, tout juste la résultante de sa propre croissance. Alors, à quoi bon se fatiguer !...
Michel faisait partie d’un petit groupe d’élèves qui rentrait le soir ensemble après les cours.
De la passerelle, qui enjambait le canal, au boulevard des Belles Manières, il a connu des moments de franche rigolade avec Christian COURSIER, Claude BEZILLE et William CREFF.
Se souvient-il de cette femme à bicyclette que nous croisions tous les jours et qui avait une énorme poitrine ? William et Claude l’avaient surnommés « la Mé  MABOEUF Â», ce qui faisait se tordre de rire le pauvre Christian qui restait scotché à son sac posé sur le sol.


Jacques MARTIN Ã©tait un garçon attachant à l'allure débonnaire. 
Sa voie était douce, jamais de hausse de ton, jamais de colère.
 Jacques était un excellent camarade, d'une extrême gentillesse. Contrairement à
Françoise POTTIER, il laissait volontiers sa place à un autre élève.
La gymnastique n'était pas sa tasse de thé et il s'en serait bien passé. A la course, il se classait derrière Michel BARAGLIA qui était loin derrière les filles qui couraient après l'athlète situé sur la rangée du haut en 7ème position à partir de la gauche, sur la photo de classe de 6ème, année 1959. 
Il n'était pas dans les meilleurs mais faisait cependant partie de l'élite qui avait été choisie pour composer la première classe de 6ème du Cours Complémentaire avec M. BOURGON pour les mathématiques et l’instruction civique et la toute jeune Mlle LACOUME pour le français et les autres matières. 
Jacques et moi avions essuyé nos culottes sur les bancs de la communale à Pasteur. Nous avons fait un bon bout de chemin ensemble sans jamais l'ombre d'une dispute. 
Son père, coiffeur, fou des courses, n'aurait jamais misé sur son propre fils. Nous parlons de tiercé, bien sûr. Rien à voir avec la course où excellait Jean-Yves TRICOT
Lorsque je rentrais dans le salon de coiffure, Faubourg d'Orléans, sa maman m'accueillait toujours avec une grande gentillesse. Jacques était à son image.
 
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